J’en saigne ou j’enseigne…

Dans mon cycle de vie qui consiste à apprendre, à faire et à transmettre. Je suis à la troisième. Je donne des cours dans l’enseignement supérieur en communication verbale et en créativité. Le premier est basé sur le principe que la manière dont je dis les choses est, hélas, souvent plus important que ce que je dis vraiment. Mon deuxième cours est basé sur le postulat que la créativité, c’est aussi du travail qui réclame un minimum de structure.

J’ai le privilège de donner cours dans des écoles privées dans lesquelles les intervenants sont encore actifs dans la vie et censés être surtout dans le coup de ce qui les entourent. L’interaction entre les intervenants est chouette. Très dynamique et positive. Aucun dépressif dans la bande. Le seul inconvénient par rapport à ce type d’enseignement privé et donc cher, c’est que la balance entre un jeune qui doit d’abord être un élève avant d’être un client n’est pas facile à calibrer. Mais quel pied parfois de pouvoir donner à une jeunesse multiculturelle tout ce que l’on sait.  Un jour, un chef de cuisine m’a dit une chose très juste : « Quand tu démarres dans la restauration, tu n’apprends pas un métier. Tu le voles à ceux qui sont autour de toi. ». Dans la communication, c’est tout aussi vrai.

Dernièrement, j’ai été membre d’un jury dans une école que j’ai fréquenté quand j’étais jeune et beau. J’ai été un peu effrayé par les enseignants qui ne sont que des enseignants. Donc un peu largué avec la logique et les éléments du quotidien. Dans leurs questions, je ne percevais que le fait de savoir si ce qu’ils avaient donné était respecté en laissant, à mon goût, trop peu de place à l’initiative. Ils feront déjà toute leur carrière. Des rapports. Des tableaux. Il est du devoir des écoles de leur montrer qu’on peut faire plus. Mieux. Plus haut. Plus fort. Vu d’un angle différent. Je suis dans cette démarche. Je veux leur démontrer qu’ils ont des ressources non exploitées au sein d’eux.

Mon après-midi est contrastée puisque je viens d’aller chercher le bulletin de mon fils. Il a réussi. Merci. Tout à l’heure, je serai dans une salle de délibé pour tuer ou sauver un jeune. J’adore et je déteste ce moment. J’adore car je participe à malaxer une vie humaine. De la défendre. De lui donner de belles formes. Je déteste car on retrouve le trait humain que je déteste le plus. L’égoïsme. On défend un élève en fonction de ses convictions personnelles sans plus rien voir autour.

Délibération…. Rien que le mot dit tout si on le décortique…

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